Elle appelle : «
Pythagore ! » Et comme il ne se montre pas, elle part le chercher, puis une
fois revenue au salon le dépose face à moi.
L’espoir renaît.
Peut-être que nos servantes souhaitent que nous ayons une relation sentimentale
approfondie entre chats voisins ?
Nous nous reniflons
mutuellement, faisons semblant de nous rencontrer pour la première fois et,
alors que je m’apprête à entamer la conversation, il déguerpit. Je le suis dans
sa cuisine et le provoque en mangeant dans sa gamelle (moi, il ne faut pas me chercher,
je suis comme ça), mais il ne daigne pas m’empêcher de le faire, ni même me
regarder.
Même si ses
croquettes sont moins bonnes que les miennes, je fais semblant de m’en
délecter, puis je vais pisser dans sa litière. Cette fois encore, il ne fait rien
pour m’empêcher d’agir. Au contraire, il disparaît comme s’il n’avait même pas
vu que j’étais là. Je pars à sa recherche et, dans une des pièces à l’étage, je
tombe sur une congénère cachée derrière la porte vitrée d’un meuble. C’est une
chatte avec une fourrure similaire à la mienne.
Une femelle de mon
âge qui plus est.
Je comprends tout à
coup pourquoi Pythagore ne s’intéresse pas à moi : il a déjà sa propre femelle
à la maison.
Je m’approche. De
près, je distingue clairement qu’elle a un petit cœur noir posé sur le museau
et des yeux verts. Même si elle a la même couleur de fourrure que moi, tout
dans sa dégaine me repousse. Elle est vulgaire et arrogante. Je la fixe et
m’avance vers elle : elle fait de même. Je me place en mode intimidation, dos
courbé et pelage dressé pour avoir l’air plus grosse : elle m’imite.
Il va falloir
passer à l’étape suivante. Je lance ma patte en avant de manière agressive.
Elle aussi.
Je m’approche et je
crache. Elle crache.
Nous nous donnons
des coups de patte, mais la vitre nous empêche de nous blesser vraiment.
Heureusement qu’elle est là, d’ailleurs, sinon je lui aurais arraché les
moustaches, à celle-là.
Je me retourne et
lève la queue pour lui montrer ce que je pense d’elle. Évidemment elle me
copie.
Je renonce à l’humilier
davantage et retourne dans le salon où les deux servantes continuent de
palabrer
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