2) a: suit au
b: à la suite du
c: à la suite de
3) a: de courant
b: courant
c: du courant
4) a: prenons note
b: accordons
c: fixons
5) a: au future
b: à l'avenir
c: prochainement
Pas de désir, pas de souffrance
Le temps passe et
chaque jour je détruis un objet que j’espère précieux dans ma maison. J’aime le
bruit aigu du verre lorsqu’il se brise sur le sol. J’aime celui du coton
lorsqu’il gicle des coussins que je laboure de mes griffes. Les rideaux ? Je
les préfère avec des franges. Les robes et les manteaux de ma servante ? Je les
customise avec des trous. Les bas dans le bac de linge sale ? J’aime bien les
filer et en faire de grosses pelotes. Ensuite j’y plante mes canines comme s’il
s’agissait d’un fruit trop mûr. Je ne crois pas qu’il reste ici une seule
plante verte intacte. Si elles ont une conscience, elles doivent me détester.
Mais mon entreprise
de destruction systématique ne semble pas affecter ma servante. Nathalie
(peut-être par pure provocation) me manifeste toutes sortes d’égards. J’ai
droit à plus de nourriture, plus de caresses, plus de mots gentils, et les
portes restent dorénavant toujours ouvertes.
Suis-je devenue
insensible ?
Je pense qu’il va
me falloir du temps pour digérer le choc de la perte de mes enfants. Et puis je
crois que, comme Nathalie, je finis par m’habituer à la violence des hommes, la
considérant comme une fatalité.
Je tourne la tête
vers la maison voisine et je vois Pythagore sur son balcon en train d’observer
la scène.
Il se tasse, prend
son élan, franchit d’un bond l’espace entre nos deux maisons et opère un
superbe atterrissage sur la rambarde de mon balcon.
Nous nous frottons
le nez l’un contre l’autre, puis il a ce délicieux mouvement pour glisser le
sommet de son crâne pourvu du Troisième Œil dans le triangle de mon cou.
— Je sais ce
qui t’est arrivé, annonce-t-il. Ta servante en a parlé à la mienne. Ils ont
noyé quatre de tes chatons. Je te savais triste alors je ne voulais pas venir
te déranger, afin que tu puisses faire ton deuil.
— Je me
vengerai.
— Ne te donne
pas ce mal. Tu as vu à l’instant qu’ils sont en train de se détruire tout
seuls. Ça y est, ce n’est plus du terrorisme, la guerre civile commence à toucher
notre ville. Pourquoi se fatiguer et prendre le risque de les affronter ? Pour
l’instant occupe-toi plutôt de transmettre à Angelo la capacité d’évoluer dans
un monde en pleine mutation.


