воскресенье, 28 марта 2021 г.

28.03.2021


 

   


 

 

    


   



  

Le mot beauté peut être pris en deux sens. Au sens large, on qualifie de beau tout ce qui procure un « plaisir esthétique », même s'il s'agit, comme dans certaines formes d'art contemporain, d'une œuvre visant à choquer et à provoquer. Au sens restreint, le beau est à peu près synonyme d'harmonie et il n'est qu'une valeur esthétique parmi d'autres, qu'on distinguera de valeurs concurrentes comme le gracieux, le sublime, l'émouvant, le troublant, le comique, etc. L'art grec, l'art de la Renaissance italienne, l'art baroque, visent la beauté en ce sens, mais c'est moins vrai de l'art africain, de la sculpture romane ou de l'art moderne. Dans un cas comme dans l'autre, mais surtout dans le premier, la diversité des réalités pouvant être qualifiées de belles est considérable : paysages, êtres vivants, corps et visages, palais, tableaux, œuvres musicales, poèmes, romans, films, idées mêmes, de toutes les époques et de toutes les cultures. On peut se demander s'il y a vraiment quelque chose de commun aux émotions que provoque leur contact, dont chacune possède manifestement un contenu différent.

Si l'on veut définir ce noyau commun présent dans toutes les expériences esthétiques, il ne peut être que minimal. On dira d'abord qu'elles sont toutes source de plaisir, parfois de bonheur, même quand elles provoquent aussi en nous de la tristesse : même lorsqu'une œuvre dramatique nous fait pleurer ou nous plonge dans la mélancolie, cette souffrance, vécue sur le mode de l'imaginaire, nous enrichit au lieu de nous blesser. Elles supposent ensuite aussi que soit porté sur l'objet ou l'œuvre qui les provoque un regard contemplatif et « désintéressé », qui implique une mise entre parenthèses de nos besoins vitaux immédiats. Un objet est perçu esthétiquement quand il n'est considéré ni comme un bien de consommation, ni comme un moyen permettant d'atteindre un but, ni comme un signe porteur d'information, mais qu'il est regardé pour lui-même, dans sa forme. Un tel regard est souvent provoqué et comme imposé par l'objet lui-même — je peux être soudain saisi par la beauté d'un spectacle auquel je ne m'attendais pas —, mais il peut être aussi le résultat d'un choix du spectateur : il est possible de décider de trouver de la beauté dans un ustensile de cuisine ou dans les machines d'une usine.

 

Enfin, il semble que dans toute expérience esthétique, il y ait perception d'un ordre au sein d'une diversité, d'une forme au sein d'une matière, d'une unité au sein d'une multiplicité. On est tenté d'ajouter ici que cette matière consiste en principe en données sensibles, puisque le mot esthétique renvoie au domaine des sensations, et que l'usage premier du mot beau désigne le plaisir que peuvent éprouver les deux sens qui permettent la distance, la vue et l'ouïe. Mais on risque ainsi de trop restreindre le domaine de l'expérience esthétique, en en excluant notamment le domaine de la littérature, qui en relève manifestement. De toute façon, même lorsque le plaisir esthétique s'appuie sur une expérience sensible, il ne se réduit pas à une sensation brute, mais suppose une participation intellectuelle, et possède une dimension « cognitive ». Dans de nombreux cas même, il n'apparaît qu'à la suite d'un examen attentif et minutieux, qui débouche sur un jugement, critique ou approbateur – du type : « C'est vraiment une œuvre remarquable ».

Au-delà de ces généralités vagues, il va falloir distinguer différents types de beauté ou de plaisir esthétique. Par exemple différencier la beauté naturelle de la beauté artistique. La première suscite sans doute un consensus plus universel que la seconde, au sens où l'on peut imaginer un accord transculturel plus facile sur ce qu'est un beau papillon que sur ce qu'est un beau morceau de musique.


 

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